Agression au comptoir, erreur de délivrance, cyberattaque, arrêt d’activité après sinistre : les articles de cette newsletter le montrent, le risque officinal est protéiforme et il s’élargit à mesure que les missions du pharmacien se développent. Vaccination, TROD, entretiens pharmaceutiques : chaque nouvelle mission déplace la frontière du risque. Face à cette réalité, le titulaire dispose d’une méthode éprouvée, celle de toute gestion des risques : évaluer, puis choisir un traitement.
Évaluer d’abord
Une officine expose sur plusieurs fronts : l’acte pharmaceutique, le local et l’outil de travail, les données de santé, l’équipe, le dirigeant lui-même et les litiges. Cartographier ces univers, c’est mesurer pour chacun la probabilité et l’impact d’un sinistre. Que coûtent quinze jours de fermeture ? La perte du stock froid en pleine campagne vaccinale ? L’indisponibilité prolongée du titulaire ?
Réduire ensuite
La prévention traite le risque à la source : protocoles respectés, moyens de protection contre le vol, sauvegardes informatiques testées, formation de l’équipe aux situations de tension. Indispensable, elle ne supprime jamais tout : un risque résiduel demeure toujours.
Transférer enfin
C’est le rôle de l’assurance : déplacer la charge financière du risque résiduel vers un assureur. Mais ce transfert est un exercice technique. Les écarts entre deux contrats se nichent dans les définitions, les sous-limites, les exclusions et les conditions de garantie. Et surtout, le programme d’assurance reste souvent une photographie prise au moment de la souscription, alors qu’il devrait refléter l’évolution de l’activité.
C’est précisément là qu’intervient le courtier spécialisé. Son métier consiste à structurer le programme sur la situation réelle de l’officine, à le maintenir en correspondance avec son évolution année après année, et à représenter le pharmacien face à l’assureur, notamment au jour du sinistre, où la qualité du dossier détermine la vitesse et le niveau de l’indemnisation. Le titulaire se recentre sur son cœur de métier; l’expert porte la technique assurantielle et la charge du suivi.
Bien s’assurer n’est donc pas signer les bons contrats un jour : c’est confier à un professionnel le pilotage d’une architecture qui doit vivre au rythme de l’officine.